
PAROLES de François
LIBERMANN (fondateur)
Note:
Les Saints Patrons de l'Europe.
Nouvelle très intéressante (d'après le message qui vient de nous arriver aujourd'hui, 1 août 2008, grâce à G. Mushi) de notre Généralat de Rome.
Une
Anthologie spiritaine vient d’être imprimée en France.L'ouvrage se présente
sous la forme d’un livre de 627 pages réparties en deux parties : la première présente des textes de Poullart des Places et la seconde, en 7 chapitres, des textes de Libermann. En tout, un total de 97 textes, chacun précédé d’une courte introduction. Les services de la Procure des Missions de Paris se chargent de l’expédition.Fortement conseillé
aux jeunes en formation initiale, à tous les confrères et spiritains associés.Le Conseil général remercie vivement tous ceux qui ont collaboré à ce travail soigné et très utile (Chr.de Mare, M.Robert, La Procure des Missions de Paris, le Centre de spiritualité de Duquesne etc.).et ses collaborateurs pour ce travail patient et soigné.
Des textes intéressants concernant Libermann qui nous arrivent, seront ajoutés ci-après. Ce site a de la place !
Lettre du Supérieur général
Noël 2008
Une idée originale du P. Libermann : « les aumôniers »
Supérieurs, économes et « aumôniers »
Au cours de l’année 1840, dans la pauvre mansarde qu’il occupait à Rome, le P. Libermann a rédigé la « Règle Provisoire des Missionnaires du Très Saint Cœur de Marie ».[1] L’intuition fondamentale est claire : « Les Missions auxquelles la Congrégation doit s’appliquer seront parmi les peuples pauvres, méprisés, dont les besoins sont très grands, et qui sont les plus négligés dans l’Eglise de Dieu, et parmi lesquels on peut espérer produire beaucoup de fruits. » De ce que nous appelons aujourd’hui « l’option préférentielle pour les pauvres », le P. Libermann tire deux conséquences très concrètes. La première nous est bien connue, elle concerne la pratique exigeante du vœu de pauvreté pour tous les membres de la future société. La deuxième l’est moins ; elle touche à l’organisation des communautés elles-mêmes avec l’institution de ce que le P. Libermann appelle « les aumôniers ». Pour ses futures communautés, le fondateur envisage le service de supérieur, celui d’économe, et, plus étonnant, celui d’ « aumônier ». Voici ce qu’il écrit [2] : « Le supérieur de chaque maison établira dans sa Communauté un conseil d’aumôniers qui sera chargé de la caisse des bonnes œuvres, et le président de ce conseil tiendra cette caisse. Tout le superflu de l’argent destiné à la dépense de la Communauté et tous les dons et aumônes que recevront le supérieur et les autres missionnaires seront versés dans cette caisse. Quand un missionnaire aura besoin d’argent pour les pauvres ou pour quelque bonne œuvre, il en demandera aux aumôniers. L’économe ne pourra jamais être de ce conseil. Lorsque les circonstances ne permettront pas d’avoir plusieurs aumôniers, il en nommera toujours au moins un. Le président des aumôniers, aidé de son conseil, sera chargé d’examiner, tous les trois mois, les comptes de l’économe, que celui-ci devra lui remettre avec le superflu de la somme qui était destinée pour la dépense de ces trois mois. Le président du conseil d’aumôniers fera part ensuite au supérieur des observations de son conseil sur les comptes de l’économe et en même temps il lui rendra un compte exact de l’emploi des sommes qu’il aura tirées de la caisse des bonnes œuvres, et de plus il lui spécifiera les principales aumônes que lui et les autres aumôniers auront faites par eux-mêmes. » Ne peut-on pas voir dans cette idée originale du P. Libermann comme l’inspiration de notre RVS 71.1 : « Chaque budget inclut une part traduisant notre solidarité avec les pauvres » ?
Une inspiration pour aujourd’hui
J’ignore si cette institution des « aumôniers » a effectivement été expérimentée dans les premières communautés libermanniennes. En évoquant cette idée du P. Libermann, je ne cherche pas à redonner vie, éventuellement, à cette manière d’organiser les communautés, mais à rappeler avec quel sérieux le P. Libermann et ses premiers disciples, tout comme Poullart des Places, prenaient le souci pour les plus pauvres. Plusieurs raisons me poussent à rappeler ce souvenir.
* Depuis plusieurs années, dans notre Congrégation, nous nous demandons comment mieux nous organiser. De grandes Provinces se divisent en circonscriptions plus petites, agissant ensemble au sein d’ « Unions de circonscriptions ». D’autres circonscriptions se réunissent. Nous faisons bien d’agir ainsi. Mais n’oublions pas que tous ces efforts n’ont de sens que s’ils nous permettent d’assurer un meilleur service des plus pauvres. L’organisation est toujours au service de la mission.
* Depuis plusieurs années, nous nous inquiétons de la viabilité financière de nos circonscriptions. Il est effectivement intolérable que dans la même Congrégation existent des circonscriptions « riches » et d’autres, « pauvres » ; que dans une même circonscription existent des communautés « riches » et d’autres, « pauvres » ; que dans une même communauté vivent des confrères « riches » et d’autres, « pauvres ». Mais tous ces efforts pour une meilleure santé financière de nos circonscriptions et communautés n’ont de sens que s’ils nous permettent d’aider plus efficacement, dans l’esprit du P. Libermann, les plus pauvres.
* Depuis plusieurs années, notre Congrégation s’implante dans des pays nouveaux ou prend des engagements nouveaux dans des pays d’ancienne implantation. Pensons aux nouveaux engagements aux Philippines, à Taïwan, au Vietnam, en Bolivie, en République Dominicaine, comme aussi aux nouveaux services pastoraux et sociaux assumés dans les Provinces d’Europe et d’Amérique. Certains confrères se demandent si, en faisant ainsi, notre Congrégation n’est pas infidèle à l’intuition fondamentale du P. Libermann. Personnellement, je pense que la question importante ne porte pas sur la géographie, mais sur l’intuition de base : le service évangélique des pauvres. Quel que soit le lieu où nous vivons et travaillons, sommes-nous vraiment au service des plus pauvres ? Une institution meurt dans son esprit et dans son idéal, bien avant de mourir dans ses effectifs.
* Les circulaires de nos confrères, tout comme nos visites des circonscriptions, nous montrent que le fléau de la pauvreté et de la misère est loin d’être éradiqué. Les premières et principales victimes de la récente crise financière mondiale ne sont pas les banquiers, mais des millions et des millions de pauvres gens. Il est stupéfiant de constater avec quelle rapidité et quelle énergie nos Etats se portent au secours des banques en faillite, et avec quelle lenteur et quelle timidité ces mêmes Etats prennent des mesures pour soulager les souffrances des plus pauvres.
Textes publiés par la Province des Pays-Bas
Régulièrement vous y aurez des réflexions concernant Poullart des Places,
Libermann etc.
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